Groupe Dubreuil 2, un IMOCA entièrement pensé pour le solitaire

28Juil.2026

À quelques semaines de la mise à l’eau de Groupe Dubreuil 2 à Southampton, Hervé Penfornis, spécialiste des structures composites au sein du cabinet d’architecture navale Guillaume Verdier, revient sur la conception du nouvel IMOCA de Sébastien Simon. Une aventure menée à flux tendu entre les architectes, le Groupe Dubreuil Sailing Team, le bureau d’études Pure Design & Engineering et le chantier Carrington Boats.

Groupe Dubreuil 2, un IMOCA entièrement pensé pour le solitaire

Concevoir au rythme de la construction

Hervé Penfornis travaille aux côtés de Guillaume Verdier depuis plus de vingt ans. Il a participé à la conception d’une douzaine d’IMOCA, dont Banque Populaire VIII, vainqueur du Vendée Globe 2016-2017, APIVIA, deuxième de l’édition 2020-2021, ou encore 11th Hour Racing, ancien bateau de Sébastien Simon.

Sur Groupe Dubreuil 2, il intervient principalement sur la plateforme : la coque, le pont et les structures intérieures. Son rôle consiste à transformer les attentes de Sébastien Simon et de l’équipe technique en solutions concrètes, puis à transmettre au chantier toutes les informations nécessaires à la construction. « Mon rôle est de m’assurer que les bonnes informations sont transmises au chantier dans les délais, afin qu’il puisse construire le bateau conformément à ce qui a été conçu », explique le chef de projet.

Car la conception et la construction avancent simultanément. Les plans sont livrés progressivement à Carrington Boats. « Les délais sont serrés, il est impossible d’attendre que le bateau soit entièrement dessiné avant de commencer sa construction. Nous travaillons donc à flux tendu. Le chantier construit le bateau pendant que nous poursuivons sa conception. »

Bien plus qu’une évolution de DMG MORI

Groupe Dubreuil 2 partage sa carène avec l’IMOCA DMG MORI du skipper japonais Kojiro Shiraishi, mais le nouvel IMOCA de Sébastien Simon a été profondément repensé pour répondre aux exigences de la navigation en solitaire et pour s’adapter au skipper vendéen.
« DMG MORI nous a servi de base de travail, la philosophie est la même mais nous avons refait près de 90 % des plans. Les deux bateaux sont vraiment différents. »

Le cockpit a notamment été entièrement réorganisé. Le poste de barre, l’emplacement des winches, le roof et plusieurs systèmes intérieurs ont été redessinés autour des choix du skipper.

Un bateau moins violent, pensé autour de son skipper

L’une des particularités de Groupe Dubreuil 2 réside dans son « bustle », un volume situé sous la coque. Cette forme doit permettre au bateau de naviguer plus à plat et de réduire la violence des impacts avec les vagues.

« L’un des principaux reproches faits aux IMOCA actuels est leur dureté. Ce sont des bateaux très violents, qui tapent énormément et sont difficiles à vivre. Pour répondre à cette problématique, nous avons conçu une structure complètement différente et sommes quasiment repartis de zéro. C’est ce qui est intéressant avec les IMOCA, ce sont des prototypes. »

Cette nouvelle carène a également conduit les architectes à revoir l’implantation et la géométrie des foils. La structure de la coque a, quant à elle, été renforcée pour résister aux contraintes générées par des vitesses toujours plus élevées.

L’ergonomie a occupé une place tout aussi importante dans le projet. Une maquette en bois du cockpit, réalisée à l’échelle 1 chez Top Gun Voltige, a permis à Sébastien Simon de tester son futur espace de vie et de travail, puis de valider la position des winches, du poste de barre et de ses sièges de veille. « Toute l’ergonomie a été pensée pour que ce bateau soit celui de Sébastien. C’est lui qui va l’utiliser au quotidien : il s’agit de son outil de travail. »

La prochaine étape se jouera désormais sur l’eau. « Les simulations sur ordinateur sont très encourageantes. Il faut maintenant confronter ces résultats à la réalité. On a hâte de voir comment le bateau se comportera en navigation. »
 

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