Sébastien Simon : « J'ai confiance dans le bateau et dans le travail de mon équipe »

30Oct.2026

À deux jours du départ de la Route du Rhum – Destination Guadeloupe, Sébastien Simon s'apprête à prendre le large à bord du bateau le plus récent de la flotte. Mis à l'eau il y a tout juste deux mois, Groupe Dubreuil – Air Caraïbes est un concentré d'innovations technologiques inspirées de l'univers aéronautique. Après un an et demi de travail et une préparation particulièrement condensée, le skipper vendéen aborde sa première transatlantique en solitaire à bord de ce nouveau monocoque avec confiance et détermination. Entre l'envie de se mesurer aux meilleurs et la nécessité de poursuivre l'apprentissage de son bateau, il livre ses dernières impressions avant le grand départ, dimanche 1er novembre à Saint-Malo.

« Hâte de me retrouver seul à bord »

« Je suis un peu stressé, évidemment. Je crois qu'on ne s'habitue jamais vraiment à ces moments-là. C'est un objectif que nous préparons depuis un an et demi et tout le monde a travaillé très dur pour être ici. C'est donc normal que la pression monte un peu, d'autant que j'ai vraiment envie de bien faire et d'aller au bout. Mais globalement, je me sens prêt. Mon sac est déjà à bord ! J'ai confiance dans le bateau et dans le travail réalisé par mon équipe. On n'est jamais totalement prêt, il reste toujours quelques détails à peaufiner, quelques petits doutes à lever. J'ai encore deux jours pour ça. Maintenant, j'ai surtout hâte de franchir la ligne de départ et de me retrouver seul à bord. »

« Ce n'est pas le nombre qui fait la qualité d'une équipe »

« Nous ne sommes effectivement pas très nombreux, mais cela fait partie de l'ADN de notre projet. Je suis convaincu que ce n'est pas le nombre qui fait la qualité d'une équipe, mais l'investissement de chacun. Et de ce point de vue, je suis vraiment très fier de ce que nous avons accompli. Je pense que nos partenaires et la famille Dubreuil le sont aussi. Réussir à être présents sur cette Route du Rhum, avec un bateau neuf et dans ces conditions, c'est déjà un très beau pari. Cela aurait pu être beaucoup plus compliqué, mais nous avons tenu nos objectifs. C'est une première mission réussie. Maintenant, il faut aller au bout ! »

Un bateau neuf, déjà fiable et robuste

« Le bateau est fiable, solide et robuste. Je lui fais vraiment confiance. Aujourd'hui, les derniers travaux concernent essentiellement des détails de performance ou d'ergonomie. Ce sont de petites modifications destinées à me faciliter la vie à bord ou à nous faire gagner encore un peu de vitesse. Et ce sont des ajustements que nous continuerons à faire tout au long de la vie du projet. Pour un bateau mis à l'eau il y a seulement deux mois et demi, je trouve que nous sommes dans une très bonne situation. »

En phase de découverte

« D'un point de vue purement sportif, les skippers qui ont conservé leur bateau du dernier Vendée Globe disposent probablement d'un avantage. Ils connaissent parfaitement leur machine et disposent de bateaux très aboutis. De notre côté, nous sommes encore en phase de découverte, même si nous savons que notre nouvel IMOCA possède un potentiel bien supérieur à celui du précédent. Et je n'ai absolument aucun regret sur notre choix. Au contraire, je pense que nous avons le meilleur timing possible. Notre objectif principal reste le Vendée Globe et pouvoir disposer de deux années pour développer ce bateau, apprendre à le connaître et l'apprivoiser, c'est de l'or. Cette Route du Rhum marque le début de notre courbe de progression. Il faut la voir comme une étape d'apprentissage, mais cela ne m'empêchera pas d'être compétiteur ! Le sport passe avant tout pour moi et je vais tout faire pour rester au contact des leaders et être performant. »

Une météo favorable pour apprivoiser le bateau

« La situation est assez stable depuis quelques jours, ce qui permet de commencer à bien se projeter. Nous devrions partir sous un régime anticyclonique, avec du beau temps et du vent portant pour sortir de la Manche. Les conditions devraient être assez légères au départ, avant de se renforcer progressivement. C'est plutôt une bonne nouvelle pour moi, je suis encore en train d'acquérir des automatismes sur ce bateau et une sortie de Manche au portant, avec moins de manœuvres, sera plus simple à gérer qu'une sortie au près avec beaucoup de virements de bord. Cela devrait nous permettre de nous concentrer davantage sur la stratégie et la vitesse.

La suite s'annonce assez intéressante, avec plusieurs phases de transition et probablement une route nord. Les alizés ne sont pas vraiment établis actuellement, donc toute la difficulté sera de trouver le bon moment pour descendre vers le sud et mettre le cap sur la Guadeloupe. Il pourrait y avoir des choix stratégiques assez différents. Je pense que cette course va être passionnante à jouer. »

« Rester lucide et concentré jusqu'au bout »

« Je connais cette route, mais dans l'autre sens ! J'ai déjà effectué deux transatlantiques au départ de la Guadeloupe et j'ai évidemment beaucoup suivi la Route du Rhum. Je sais que l'approche de l'île peut être particulièrement piégeuse. Même avec des alizés puissants, la Guadeloupe crée une zone d'abri et son contournement peut devenir très technique. Il faudra rester lucide et concentré jusqu'au bout, sans arriver complètement épuisé. Il y a aussi des engins de pêche qui peuvent représenter un danger pour les foils. J'espère ne pas arriver de nuit, car cela compliquerait encore les choses.

Mais j'ai surtout hâte de vivre cette arrivée. Il y a toujours quelque chose de magique dans ces fins de transatlantiques. On quitte l'automne en Europe et, quelques jours plus tard, on arrive presque au paradis. C'est quand même une belle perspective ! »
 

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